C'est sans doute ce qu'on appelle l'ennui.

Revenons à Enrique Vila-Matas qui a une étrange façon de vivre.

Cher Enrique,

Depuis la lecture d'Une étrange façon de vivre, votre plume trotte dans toutes mes pensées.
Même pour un exposé – vous avez vos conférences, un exposé – dis-je, je vous ai associé à la littérature allemande.
J'espère que vous ne vous en offusquerez pas. De même je suggère à vos lecteurs de lire Paul Nizon – et inversement aux lecteurs de Paul Nizon de vous lire, Enrique Vila-Matas.
Tout comme il serait intéressant d'étudier votre œuvre avec celles de Paul Auster, Peter Handke. Tous sont de récentes lectures.
Mais je reviendrai sur la question quand ma bibliothèque ce sera enrichi de livres lus – patience.

Pour tout vous dire, cher, Enrique, je suis intriguée par votre manière de voir les gens et je me suis remise à faire de même. J'ai, en mon temps (comme si j'avais 80 ans !), retracé la vie de passants que je croisais.
En résumé : j'ai entamé l'histoire de Joshua – personnage naïf – quelques pages. Je me suis arrêtée. Plus d'inspirations. Plus de passants. Moins de gaité.
Et, comble du malheur, j'ai retrouvé, et ma plume, et mon personnage – rencontre d'une heure.
Ce livre édité sous le titre Skelly, je l'ai lu. Vomitif. Pas dans l'écriture. Pas dans l'histoire – que j'aurais terminé différemment. Juste que lire sa plume, la reconnaître sous celle d'un autre donne un sentiment profondément nauséeux. Alors, comment puis-je terminer Joshua après cela ?

Revenons à vous, cher Enrique, voulez-vous ?

Vous espionnez, pour écrire. Vous discutez avec les gens, discrètement.
Savez-vous que, étrangement, des gens viennent me parler spontanément, sans que je leur ais fait une quelconque invitation ? Non, évidemment.
Peut-être pour cela que j'ai aimé faire de l'autostop – pour les histoires que je partageais.

Il est dur d'écrire. L'impression de suer sangs et encres sans rien noircir de la page que ces quelques misérables lignes. L'écriture, qu'elle vienne de la réalité des passants de la rue Sainte Foin, des faits divers de journaux, de notre imagination, qu'importe.
J'aimerais réinventer. Ouvrir d'autres univers.
Quelle prétention !
Il me manque. OUPS. Hors-sujet.
Je devrais lire. Me reposer l'esprit.

Quoiqu'Enrique m'a amené à écrire à nouveau.
Gracias.

Share/Save/Bookmark