D’abord Pierre. Cet ange.. Mon amant.
C’est lui qui a préféré que nous en restions là. A-t-il eu peur de nos sentiments ? De mes sentiments ? Je l’ignore.
Tout comme ce train qui m’emmène vers je ne sais quelle raison.
Je ne pouvais décemment rester. Pierre si près mais si inaccessible. Je serais devenue folle.
Nous nous étions rencontrés dans l’avion qui me ramenait de Newark où j’avais rejoins Gabi après mon bac. Gabi parti là-bas. Je crains qu’il ne s’y installe d’ailleurs. Il vient de rencontrer une charmante jeune fille : Lucy. Elle me plait bien aussi. Rien à voir avec les pimbêches qu’il avait pour habitude de dénicher on-ne-sait-où.
N’écrivais-je pas sur Pierre ?
Je m’éparpille. C’est tout moi ça.
Pierre.
Nous avions la même place ! Une erreur de l’agence ou une erreur informatique.
Bref.
Toujours est-il qu’un monsieur très sympathique dont j’ai oublié le nom a pensé que nous étions ensemble vu comme nous nous regardions déjà. Il nous a donc laissé sa place.
Merci monsieur, grâce à vous j’ai trouvé mon âme sœur. Merci mille et une fois. Ca l’a apparemment arrangé d’ailleurs. Il n’a cessé de discuter à bâton rompu avec les hôtesses.
L’avion a décollé dans un silence gêné. Aucun de nous n’osait commencer la conversation. Nos regards en avaient tellement dit.
Quand j’y repense.. Ca me tient chaud.. Mon tendre cœur..
Je lisais Les techniques de rédactions journalistiques du CFPJ. Ce fut le déclencheur. Il revenait d’un reportage sur le milieu littéraire américain. Il y avait passé six mois. Pierre était journaliste pigiste. Il me fit lire son papier. Il me plaisait. Il était joli tout plein. Blond châtain, les yeux blonds à vous sonder l’âme, des mains magnifiques. Et dans ce qu’il écrivait, on ressentait toutes les émotions qu’il avait eues. Pierre me manque.
Comme si c’était hier…
Durant ce vol, nous nous sommes découverts. Nous nous plaisions, c’était évident. Je ne voulais pas que cela cesse. Je me sentais si bien en sa compagnie.
Et je me rappelle quand il m’a effleurée la main. Un frisson immense et doux. La nuit pose doucement son voile. J’arrive à destination. Je repars demain de bonne heure pour ailleurs. J’espère retrouver mon Pierre un jour, au hasard d’un chemin, lui en reportage, moi en vadrouille.

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